Que viva Shango senores!

Vous faites la queue pour rentrer au cinéma Yara et vous trouvez que les Cubains aiment s’habiller en rouge, particulièrement aujourd’hui ? Ce n’est pas le hasard, c’est la fête de Sainte Barbara, Santa Barbara Bendita – Shango. En plus de l’animation du Festival de Cinéma et des cocktails où vous pouvez y aller si vous avez la chance d’y être invité, vous risquez fort d’être convié aux cérémonies pour célébrer la sainte-orisha.

Vous allez trouver tous types de célébration. La plus catholique, réalisée dans les églises, la hyper syncrétique devant les autels domestiques, où l’on allume des cierges et l’on offre une pomme –mon arrière grand-mère se débrouillait pour trouver une pomme chaque année – et où l’on implore à la vierge et à Shango (en même temps) de nous donner la santé et d’éloigner nos ennemis et ceux qui nous veulent du mal ; si en plus dans la famille il y a une tradition de spiritisme, c’est l’occasion pour se nettoyer avec de l’eau de cologne et de la cascarilla pour que le mal s’éloigne « Lo malo pa’alla ! » !

Avec un peu de chance et beaucoup d’amis, vous ne raterez pas une des plus authentiques cérémonies comme le guemilere, c’est-à-dire, une fête avec des tambours qui jouent pour Shango, dans la plus pure tradition africaine arrivée avec les esclaves.  Car à Cuba, Santa Barbara et Shango, sont pile et face de la même pièce de monnaie. Peut être du fait qu’ils ont les mêmes attributs : le tonnerre, la guerre, la protection de guerriers et soldats. De ce fait, dans cette île métisse, la vierge porte un foulard rouge autour du cou.

Dans cette fête les tambours Iyá, Itótele et Okónkolo feront danser les invités. Le premier chant est dédié à Elegba qui donne la permission pour commencer le guemilere, en tant que maitre des chemins. Ce chant est entonné en langue yoruba ( Eshu oh / Eleba a la eh/ Elegba omo moforibale / eshu oh) puis d’autre chants et des danses, avec des possédés par les saints qui dansent, entourés de bougies allumées et éteintes, de fleurs blanches et des tournesols. A la fin de la cérémonie, le roi du guemilere, Shango, fait son entrée, machette à la main, avec des mouvements agiles et rapides, les mâchoires serrées. Pour l’apaiser, les tambours se taisent et on prie pour Olofi, pour Olodunmare, santé et bonne chance !

Par terre, sur un tapis, se trouvent les plats où il ne peut pas manquer le amala (farine de maïs), la noix de coco râpée cuite avec du sucre, des noix de coco ouvertes et fermées, des bananes plantains vertes et mures et d’autres mets qui seront dégustés lors de la fête, dont une partie est réservée à l’offrande de l’autel. Mais attention, vous ne vous servez surtout pas tout seul et ne touchez à rien! 🙂

Pour finir avec ce que la journée peut vous dévoiler de cette culture polymorphe, regardez ce lien, un classique de cette fête. https://www.youtube.com/watch?v=K0_0frqtOok   (images de 1949 !)

Aché pour tous et que viva Shango!

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